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[Allô Docteur] Cancer du col de l’utérus : le dépistage précoce permet une meilleure prise en charge

Pour tous les types de cancer, un dépistage précoce permet une meilleure prise en charge. Concernant le cancer du col de l’utérus, le risque d’en être atteint diminue de 90% à travers le vaccin du Human Papilloma Virus et grâce à un mode de vie sain. Il faut également éviter d’avoir de multiples partenaires sexuels. C’est ce qui ressort de l’émission Allô docteur de Radio Plus.

Le cancer du col de l’utérus, dû à plusieurs causes, peut prendre des mois et des années pour se développer. C’est ce qu’a fait ressortir le Dr Khevin Bujhawon, cancérologue à l’hôpital Victoria. Il était l’un des invités d’Allô docteur de Radio Plus. Selon lui, la première cause du cancer du col de l’utérus est le Human Papilloma virus (HPV) qui se décline en plusieurs variétés : 16, 18, 30, 32. « Cela survient chez les femmes qui ont eu des relations sexuelles à un très jeune âge ou qui ont de multiples partenaires sexuels ou que leur(s) partenaire(s) ont eu des relations sexuelles avec plusieurs femmes et qui ont ainsi été contaminés. Une mauvaise hygiène intime peut aussi être responsable de ce type de cancer tout comme la cigarette. L’aspect génétique est minime dans ce type de cancer. »

Comme certains types de cancer, celui du col de l’utérus ne présente pas de symptômes particuliers aux premiers stages de la maladie. Il va grandir et se propager insidieusement tout en étant asymptomatique, a expliqué le Dr Bujhawon. Par la suite, la patiente aura des saignements anormaux liés aux règles ou en dehors de cette période. Des saignements peuvent aussi survenir immédiatement après des relations sexuelles et la femme peut avoir des sécrétions mal odorantes. « Là, il s’agit des signes d’un cancer qui est encore dans le col de l’utérus mais, s’il se propage dans l’utérus, il y aura des saignements abondants anormaux. »

Si le cancer est en contact avec la vessie, il en résultera des incontinences urinaires et des traces de sang dans l’urine. Si le cancer va dans l’anus, il y aura une fistule et la selle peut passer au moment d’uriner. Si c’est dans les autres organes, la personne souffrira de douleurs aux reins et au bas-ventre. Dans les poumons, elle sera essoufflée, et dans le foie, elle va souffrir de la jaunisse.

Conséquence dépistage tardif

D’où l’importance du dépistage précoce, a précisé le cancérologue. « Dans tous les cancers il y a des stages d’évolution : 1, 2, 3, 4 et terminal avec le cancer qui s’est métastasé, c’est-à-dire répandu dans tout le corps. Avoir un cancer ne signifie pas qu’on va automatiquement en mourir. Le plus tôt une personne est dépistée, plus grande sont ses chances de se rétablir. »

« Survivante » du cancer, Anne-Marie Bhurtun, qui était aussi sur le plateau de l’émission, a abondé dans le même sens. Accompagnatrice à l’Organisation non-gouvernementale Link to Life, elle a expliqué que les femmes ne devraient pas hésiter à voir un médecin dès qu’elles remarquent un problème de santé. Selon son constat, il y a des réticences à divers niveaux. Elle souligne : « Quand elles ont des problèmes de santé, elles ont peur du diagnostic et, dans des cas, elles rechignent du fait que cela concerne leur intimité. Ce qui la freine aussi, c’est de ne pas avoir le soutien de son conjoint ou de le perdre carrément, ou alors elle est dans le déni avec le risque que la maladie continue sa progression. »

Ainsi, l’ONG encourage fortement le dépistage précoce au lieu d’attendre d’avoir les premiers signes d’un cancer pour le faire. « Ce n’est jamais trop tard pour se faire dépister mais le faire le plus vite possible aide à avoir de meilleurs résultats lors du traitement. »

Prévenir le cancer du col de l’utérus

Retarder l’âge de la première relation sexuelle, se faire vacciner et éviter les partenaires multiples sont des moyens, entre autres, pour diminuer le risque du cancer du col de l’utérus. Ce vaccin peut prévenir le cancer du col de l’utérus jusqu’à 90%.

Chez les jeunes filles, le vaccin se fait à partir de neuf ans en trois doses. Ce qui, à long terme, va diminuer la prévalence du cancer du col de l’utérus. Un mode de vie sain, une alimentation saine et équilibrée et la pratique régulière d’une activité physique permettent aussi de diminuer les risques.

Baisse du nombre de nouveaux cas

2 380 nouveaux cas de cancer ont été enregistrés en 2018 contre 2 461 en 2017. C’est ce qui ressort du rapport du National Cancer Registry sur le cancer au sein de la République de Maurice. Même si dans certains types de cancer, les chiffres indiquent une hausse tant chez les hommes que chez les femmes, une baisse est à noter de ce côté-là. Ainsi, le nombre de nouveaux cancers chez les femmes a chuté par 4,5 %, tandis que chez les hommes la baisse est de 1,4 %. Le rapport montre également que les femmes sont plus touchées par le cancer que les hommes. Sur les 2 380 nouveaux cas recensés en 2018, 959 concernent les hommes contre 1 421 chez les femmes. Le cancer est la troisième cause de mortalité après le diabète et les maladies cardiovasculaires avec 1 331 décès en 2018.

Traitements et effets secondaires

Perte d’appétit et de poids, nausées et vomissements, chute des cheveux sont parmi les effets secondaires des divers traitements du cancer. La radiothérapie et la brachythérapie permettent de mieux cibler la région cancéreuse en touchant le moins possible les organes autour. Dans certains cas, la patiente peut avoir des difficultés à uriner ou d’autres effets. Car la chimiothérapie engendre souvent des nausées, constipation etc. mais il y a des médicaments pour atténuer les effets, rassure le Dr Bujhawon. « En dépit des difficultés que les patientes peuvent éprouver, je leur conseille de manger, car c’est cela qui va les aider à aller mieux plus rapidement. »

Soutien familial

Le soutien de la famille est important pour mieux remonter la pente. Les proches doivent comprendre que ce n’est pas une maladie qu’on a cherchée mais dont on est atteint contre son gré. Les membres de Link to life sont donc à l’écoute du vécu des patients afin de les aider à sortir de leur coquille et les aider à surmonter leur maladie.

 

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