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[Allô Docteur] Alcool et grossesse : des effets irréversibles notés après la naissance

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La consommation d’alcool pendant la grossesse peut avoir de graves conséquences sur la santé du nouveau-né. Pour marquer la Journée mondiale du syndrome d’alcoolisation fœtale observée le 9 septembre, le Dr Chandra Shekar Ramdaursingh, gynécologue et obstétricien, était sur le plateau de l’émission Allô Docteur diffusée sur Radio Plus mardi dernier.

Dr Chandra Shekar Ramdaursingh, gynécologue et obstétricien
Dr Chandra Shekar Ramdaursingh, gynécologue et obstétricien

En consommant de l’alcool pendant sa grossesse, la future maman s’expose à  divers risques pour sa santé. Mais pire encore, « les conséquences sur le fœtus et le bébé à naître sont souvent irréversibles », a expliqué d’emblée le Dr Chandra Shekar Ramdaursingh. En buvant de l’alcool pendant la première phase de la grossesse, la future mère  peut faire une fausse-couche (durant les trois à quatre premiers mois) ou accoucher prématurément. Le bébé peut aussi mourir peu après sa naissance en raison de son faible poids ou à cause des déformations physiques. Le médecin a aussi fait ressortir que la consommation d’alcool est aussi dangereuse durant la phase de la conception.

Les conséquences sur l’enfant 

  • Les troubles mentaux peuvent survenir. Ce qui fait que l’enfant va grandir avec un ou plusieurs handicaps et l’empêcher d’avoir une vie normale.
  • Problème de surdité ou encore de la vue, des complications irréversibles.
  • Retard de croissance (poids, taille et / ou périmètre crânien)
  • malformations au niveau de l’aspect du visage : un nez court, une racine du nez aplati ou encore la lèvre supérieure courte.
  • Malformations cardiaques, des articulations et des organes génitaux.

Il est important de préciser que ces anomalies ne sont pas héréditaires. Si la future mère ne boit pas elle-même, elle n’a aucun risque de transmettre ces malformations à sa descendance.

Pour éviter toutes complications, la solution est simple : arrêter de consommer de l’alcool, a ajouté l’invité de l’émission. Malheureusement, à Maurice, la situation est inquiétante. En effet, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 81 % des Mauriciens de plus de 15 ans ont déjà consommé de l’alcool. « Il ne s’agit pas de dépendance, mais de consommation uniquement », a précisé le médecin qui considère que cette statistique a de quoi choquer. « Auparavant, il y avait des Saturday Night Parties, mais maintenant la fête commence dès vendredi avec les Thank God It’s Friday. Autant de concepts festifs qui incitent les gens à boire », a-t-il indiqué. Au fil du temps, l’addiction à l’alcool peut vite s’installer et avoir un impact sur la vie de la personne.

Quand et comment arrêter ?

Pour le gynécologue, une femme qui veut concevoir un enfant doit pouvoir commencer à se préparer trois mois en avance. Si elle boit occasionnellement, elle doit couper complètement sa consommation d’alcool quelques mois avant la conception. Concernant celles qui ont une dépendance à l’alcool, un traitement de désintoxication doit commencer bien avant afin d’éviter toute rechute et surtout d’éviter les complications de santé.

« La consommation d’alcool ne provoque pas uniquement le risque de cirrhose ou de jaunisse, mais entraîne également le diabète de type 2, d’hypertension, et de dépression », a fait remarquer le médecin.  De ce fait, il est important que la femme qui souffre d’une dépendance se fasse suivre par un docteur afin de savoir quand exactement elle peut tomber enceinte sans mettre en danger sa santé et celle du bébé.

Les thérapies proposées par l’Étoile d’Espérance

Le centre de réhabilitation et de traitement, L’Étoile d’Espérance accueille les femmes qui souffrent de dépendance à l’alcool. Gilbert Leste, addictologue au sein de l’association, explique qu’il s’agit d’un centre résidentiel où la patiente reste durant la durée de son traitement qui est généralement de trois mois. Pendant le traitement, elle peut aussi prendre le temps de s’occuper d’elle, car le centre propose des séances de yoga, de tai-chi. Il dispose également d’un salon de beauté.

Il y a aussi des groupes de paroles et des entretiens motivationnels qui permettent d’aborder un changement de comportement. « On fait également une thérapie familiale afin de remettre la patiente dans un environnement où elle peut faire des changements et notamment arrêter l’alcool », fait comprendre Gilbert Leste. Le centre peut accueillir jusqu’à 12 personnes en résidentiel et par an, il peut accueillir jusqu’à une soixantaine de personnes, car la durée varie d’un individu à l’autre.

Pour ce qui est du syndrome d’alcoolisation fœtale, Gilbert Leste souligne l’importance de faire de la prévention. « Au-delà de la dépendance, l’alcool consommé à un moment précis de la vie peut affecter la personne sur le long terme, notamment si elle est enceinte. De ce fait nous mettons l’emphase sur la prévention », conclut-il.

L’alcool et l’allaitement

L’alcool affecte l’enfant dans le ventre de la maman. Il passe à travers le cordon ombilical et abime le foie du bébé. « Les organes des bébés ne sont pas encore bien développés et ne peuvent pas détoxifier l’alcool qui vient jusqu’à son foie, ce qui affecte le cerveau et le développement de ces derniers », précise le gynécologue. Au-delà de la grossesse, l’alcool a des effets sur l’enfant pendant l’allaitement également. « L’alcool passe à travers le lait de la maman et continue à faire du mal à l’enfant après la naissance », indique-t-il.

Les phases de l’ivresse

Selon le Dr Chandra Shekar Ramdaursing, on distingue plusieurs phases de l’ivresse. Cela commence souvent par la phase d’euphorie, puisque l’alcool affecte le système nerveux. Ensuite, il entraîne la phase de stupeur et de désorientation, suivi de la phase de dépression. Et en dernier lieu, il y a la perte totale de contrôle.

Allô Docteur sur Radio Plus, chaque mardi à 9h00

C’est le rendez-vous de chaque mardi sur les ondes de Radio Plus. Allô Docteur, émission spéciale dédiée à la santé, fait un focus sur une thématique différente chaque semaine, de 9h00 à 10h00. Les auditeurs peuvent également participer à l’émission en appelant sur le 208 4999 ou le 208 5999. De plus, les internautes ont la possibilité de suivre l’émission en Facebook Live sur la page defimedia.info et défisanté.

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