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Un cadre légal pour la sûreté du sang bientôt

La Banque du sang élabore actuellement un cadre légal et politique pour la sûreté du sang à Maurice. L’organisme veut ainsi rehausser son niveau d’accréditation, après celui d’ISO qu’il possède déjà, pour garantir une meilleure qualité de service.
Jean-Marie St Cyr
jeanmarie@defimedia.info
Le don et la collecte de sang se fait actuellement sur une base éthique. Tout donneur doit respecter des critères. Il doit être en bonne santé, avoir entre 17 et 65 ans, ne pas avoir un comportement à risque à travers lequel il pourrait contracter des maladies transmissibles telles que le VIH, les hépatites B et C. Ceci devrait changer dans quelque temps avec le cadre légal qui sera mis en place grâce à la participation d’un consultant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). C’est ce qu’a expliqué la doctoresse Janaki Sonoo, chef de service à la Banque de sang, lors de l’émission Allô docteur de Radio Plus. Ce nouveau cadre devrait ainsi aider à mieux définir le programme du don de sang qui est basé sur le don volontaire et gratuit, les règles et responsabilités du personnel, la politique des tests et le contrôle du sang collecté.

Sang sûr

Selon le Dr Janaki Sonoo, la banque de sang a non seulement besoin de sang, mais surtout de sang sûr. Elle affirme que toutes les précautions sont prises afin d’assurer que chaque donneur soit en bonne santé et ne souffre pas de maladies transmissibles. « Nous ne disons pas seulement qui peut donner son sang, mais nous soulignons aussi pour qui cela est proscrit », insiste-t-elle.

Pour cela chaque donneur est tenu de remplir un formulaire et de répondre en toute honnêteté et en toute confidentialité les questions qui lui sont posées. À travers cet exercice de sélection, il est possible de déterminer si une personne peut donner son sang ou pas.

Mais au-delà de cet exercice, tout le sang collecté passe par un processus d’analyse, peu importe s’il s’agit d’un donneur régulier ou pas . « Nous prenons en considérons la période fenêtre d’une infection. Lorsqu’une personne donne son sang une infection peut passer inaperçue même si nous disposons d’appareils sophistiqués pour les analyses », dit-elle.

C’est pour cela que nous nous assurons que chaque donneur est sain. La banque de sang compte sur la franchise des donneurs potentiels.

Appréhension

Pour ceux qui éprouvent une certaine appréhension quant à faire don de son sang, Subhanand Seegoolam, ancien président de la Blood Donor’s Association, dit que cela aide à sauver une vie. « Dans nos causeries nous expliquons que c’est normal en leur faisant comprendre qu’il faut surtout penser aux bénéfices : en donnant son sang on sauve une vie. »

Selon lui, avec les mesures mises en place, la piqûre est presque indolore. Il affirme que les personnes qui ont fait don de leur sang sont parmi les plus heureuses car elles sont conscientes que leur geste peut contribuer à aider une personne malade. « C’est à cela qu’il faut penser avant tout », fait-il ressortir.

Que ceux qui ont une appréhension par rapport à l’aiguille qui est utilisée, elle est à usage unique, suffisamment fine pour être presqu’indolore, a assuré Subhanand Seegoolam. « Puisque nous avons tout le temps besoin de donneurs volontaires, nous nous faisons un devoir que chaque don ne soit pas traumatisant pour lui afin qu’il ait la volonté de revenir en utilisant des moyens innovants », précise le Dr Janaki.

Journée des donneurs

La Journée du donneur de sang a été observée le jeudi 14 juin. Elle a été décrétée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le thème choisi cette année est ‘Soyez là pour les autres, donnez votre sang, partagez la vie’.

Cela afin d’encourager le don de sang pour qu’il soit un acte de solidarité axé sur les valeurs humaines telles que l’altruisme, le respect, l’empathie et la compassion. Le14 juin a été choisi en hommage au biologiste Karl Lansteiner né à cette date. C’est lui qui a découvert les groupes sanguins.


150 pintes utilisées chaque jour

Toute personne en bonne santé, âgée entre 18 et 65 ans et pesant plus de 45 kilos, peut donner son sang. Pour faire face à la demande croissante de sang, ceux âgés de 17 ans peuvent aussi le faire avec le consentement parental.

Les élèves de divers établissements du secondaire représentent une bonne base de donneurs volontaire non négligeable, selon le Dr Janaki Sonoo. Ceux qui ont dépassé l’âge de 65 ans peuvent aussi donner leur sang mais cela doit se faire sous supervision médical et avec le consentement de leur médecin.

Le taux d’hémoglobine de chaque donneur doit être au-dessus de 12,5 g/dl. Le don de sang peut se faire chaque trois mois. Le sang collecté est divisé en trois parties : plaquette, plasma et globules rouges et blancs. En donnant son sang, c’est la vie de trois personnes qu’on peut sauver.

Avant de donner son sang, tout donneur passe par différentes étapes. Parmi elles, il y a l’examen de l’hémoglobine afin de s’assurer que le donneur a suffisamment de sang pour pouvoir faire un don.

2,5 % de la population mauricienne donne régulièrement son sang selon le Dr Janiki Sonoo. Ce pourcentage devrait être idéalement à 5 % pour qu’il n’y ait pas de risque de pénurie. 150 pintes sont utilisées par jour notamment à l’intention des patients atteints d’insuffisance rénale, de problèmes cardiovasculaires et de cancers, entre autres.

Quatre fois par an

Un donneur peut donner son sang chaque trois mois, soit quatre fois ou cinq fois maximum par an, en cas de besoin, surtout pour ceux dont le groupe sanguin est rare. Entre deux dons il doit y avoir au minimum huit semaines d’écart. Pour les dons en aphérèse (plaquettes ou plasma) il est possible de donner jusqu’à 24 fois par an.

Grâce aux équipements dont dispose la Banque de sang, le sang entier est le moins utilisé. Le sang recueilli est traité afin de séparer les plaquettes, le plasma, afin que plus d’un donneur puisse bénéficier de ce sang. La technologie dont dispose la Banque de sang permet d’administrer les plaquettes en cas de besoin.

Les groupes sanguins

Il y a quatre groupes sanguin. Le pourcentage de la population pour les différents groupes est comme suit : 27 % dans le groupe A, 26 % dans le groupe B, 7 % dans le groupe AB, 40 % dans le groupe O et 4 % pour les rhésus négatif. Pour chaque groupe, les donneurs peuvent être positifs ou négatifs.

Le groupe O négatif est un groupe véritable universel. C’est-à-dire que ce sang peut être transfusé à des patients de n’importe quel groupe sanguin. Pour connaître son groupe sanguin, il faut faire une analyse au laboratoire. La banque de sang dispose d’une base de données qui lui permet de savoir qui sont les donneurs de sang réguliers et à quel groupe sanguin ils appartiennent. En cas d’urgence on peut faire appel à eux.

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