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Peu fumer n’est pas sans conséquence pour la santé pulmonaire

Des chercheurs américains ont montré que le fait de fumer moins de cinq cigarettes par jour était suffisant pour affecter la santé pulmonaire sur le long terme.

Cette étude, menée par des chercheurs du Columbia University Vagelos College of Physicians and Surgeons, a pris en compte 25.352 participants âgés de 17 à 93 ans, qui étaient soit fumeurs, anciens fumeurs ou qui n’avaient jamais fumé.

Les participants ont tous passé des tests spirométriques pour mesurer leurs fonctions pulmonaires.

Comme l’échantillon de population utilisé était très important, les chercheurs ont pu noter les différences des fonctions pulmonaires chez les petits fumeurs (fumant cinq cigarettes ou moins par jour) et les gros fumeurs (30 cigarettes ou plus par jour). Les études précédentes n’avaient pas réussi à détecter ces différences.

Leurs résultats, parus en ligne dans The Lancet Respiratory Medicine, ont montré que la fonction pulmonaire des petits fumeurs déclinait à un rythme bien plus proche de celle des gros fumeurs que des personnes qui n’avaient jamais fumé. Les scientifiques ont même trouvé que les personnes qui fumaient peu pouvaient perdre environ le même taux de fonctions pulmonaires en une année que les gros fumeurs en neuf mois.

“Nombreuses sont les personnes qui partent du principe que fumer quelques cigarettes par jour n’est pas si mauvais”, a expliqué la directrice de recherches Elizabeth Oelsner. “Mais la différence de perte de fonction pulmonaire entre les personnes qui fument cinq cigarettes par jour contre deux paquets par jour est relativement faible.”

“Ne fumer que quelques cigarettes par jour est bien plus risqué que ce que l’on pense”, a poursuivi le professeur Oelsner. “Tout le monde devrait être fortement encouragé à arrêter de fumer, peu importe le nombre de cigarettes que l’on fume.”

Chez les sujets qui ont arrêté la cigarette, les scientifiques ont trouvé que bien que la capacité pulmonaire des ex-fumeurs déclinait à une vitesse bien moindre que celle des fumeurs, le taux de déclin ne se normalisait pas avant au moins 30 ans.

Ces résultats vont dans le même sens que de nombreuses études biologiques, note le professeur Oelsner. “Il y a des différences anatomiques dans le poumon qui persistent pendant des années après l’arrêt de la cigarette et l’activité au niveau des gènes reste altérée.”

Bien que les fonctions pulmonaires déclinent naturellement avec l’âge, dès lors que l’on atteint la vingtaine, fumer accélère ce déclin. L’effet délétère de la cigarette sur la fonction pulmonaire explique aussi pourquoi les fumeurs sont plus susceptibles de développer une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), qui est diagnostiquée lorsque les fonctions pulmonaires passent sous un certain seuil.

Le professeur Oelsner ajoute que les personnes qui fument peu enregistrent un risque accru de bronchopneumopathie chronique obstructive par rapport à ce que l’on pensait précédemment.

“Il serait probablement nécessaire d’étendre nos notions de qui est touché par ce risque”, note la chercheuse. “A l’avenir, si nous trouvons des thérapies qui réduisent le risque de BPCO, toutes les personnes affichant un risque accru devraient en bénéficier”.

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