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Lingettes bébé : les prix ne baissent pas

L’exemption de la taxe douanière sur les lingettes, annoncée lors de la présentation du Budget 2018-2019, ne semble avoir aucun effet sur les prix de ces produits dont la variété de marques ne cesse de croître. Un constat similaire avait été établi en septembre 2017. Un an plus tard, rien n’a changé.

Quoi qu’il en soit, le marché des ‘baby wipes’ semble avoir pris un essor certain, si l’on s’en tient aux nombres de marques qui occupent les rayons. Il faut déplorer, cependant que certaines surfaces ne disposent que d’une marque spécifique, au détriment de la concurrence. La pratique de l’exclusive dealing, une pratique anticoncurrentielle, devrait intéresser l’autorité de la concurrence.

Selon les observateurs, l’utilisation des lingettes serait limitée à une certaine classe de ménages, plus aisés, car il faut savoir que leur utilisation peut revenir à une quinzaine de roupies par jour. L’accroissement de l’utilisation des lingettes démontre toutefois un changement important dans les habitudes de consommation, relevant surtout de la recherche de la facilité. La trousse du bébé laissée en crèche ou en garderie ne peut désormais exclure la lingette.

Il semble que le choix d’une marque de lingette ne relève que de son prix, encore faut-il que l’acheteur puisse comparer, à l’aide du prix de revient à l’unité, par exemple. Le tableau ci-dessous peut servir à mieux comparer les prix. Néanmoins, les fabricants semblent faire peu de cas du droit des consommateurs à l’information. Par exemple, une seule marque indique la dimension des lingettes, soit 170 mm par 200 mm, une information importante pour déterminer le rapport qualité-prix.

Dans un autre registre, l’utilisation des lingettes et des laits de toilettes n’est pas totalement inoffensive pour bébé. Ceux-ci sont saturés de molécules allergisantes, d’antibactérien ou d’antioxydant, des produits toxiques voire perturbateurs endocriniens.

La ‘shinkflation’

Au chapitre des prix, les lingettes Canbebe, Diapex et Sleepy sont les moins chères. Les plus chères ne sont, cependant pas les meilleures, car les affirmations « testées sous contrôle dermatologue » ou «hypoallergéniques » ne sont pas fiables, selon l’UFC- Que Choisir et 60 millions de consommateurs. Neuf nouvelles marques sont présentes sur les rayons, Bout’ Chou, Casino famili, Diapex, Dove, Les doodingues de Casino, Himalaya, Lander, Mixa et Pommette. Cinq autres semblent avoir disparu.

Toujours au niveau des prix, certaines marques ont révisé les leurs à la hausse, notamment Mignon (Rs 48 contre Rs 44 en 2017), Pampers Sensitive (Rs 183 contre Rs 180) et Tous les Jours, ce dernier passant de Rs 69 à Rs 74 le paquet de 72 lingettes. De plus, les Tilapins de Casino sont passées de Rs 89,00 à Rs 84, mais le nombre de lingettes est passé de 72 à 64. Le prix à l’unité est donc passé de Rs 1,23 à Rs 1,31. C’est ce qu’on appelle la shinkflation. La hausse de prix est ainsi déguisée sous une réduction du nombre de lingettes.

Comment choisir les lingettes ?

Le plus souvent pour une question de pratique, le traditionnel nettoyage à l’eau et au savon a été petit à petit remplacé par les lingettes nettoyantes sans rinçage pour bébé. Mais comme on le sait tous, il n’y a pas plus délicat qu’une peau de bébé, surtout sur la zone des fessiers, où le nettoyage se fait le plus souvent. Parmi les innombrables lingettes bébé présentes sur le marché actuel, il faut encore s’assurer de choisir celles qui préserveront le plus ce trésor qu’est la peau de bébé.

Récemment, l’UFC a publié une étude sur les lingettes pour bébé. Cette étude a été plutôt centrée sur un conservateur répandu : le phénoxyéthanol. Ce produit aurait un effet toxique sur le foie et aurait un impact sur le système reproducteur et le développement de l’enfant. Beaucoup préfèrent choisir ceux qui n’en contiennent pas pour limiter les risques, mais il ne faut pas oublier que le rôle d’un conservateur est aussi d’empêcher les activités bactériennes.

Les étiquettes « hypoallergénique » et « testé sous contrôle dermatologique » sont parfois trompeuses. Elles ne garantissent en aucun cas l’absence de produits toxiques. En effet, qui dit parfum dit allergène et parabènes, qui peuvent entraîner une perturbation du système endocrinien.

Une liste non-exhaustive d’autres produits chimiques peut être citée – Méthylithiazolinone autorisé jusqu’à 0,01 % : mis en cause dans la provocation de l’eczéma de contact- Benzoate de sodium : mis en cause dans des cas d’hyperactivité, mais résultats contestés par plusieurs scientifiques- EDTA : se fixe dans l’organisme et retient d’autres substances comme les métaux lourds, fortement déconseillés sur les enfants- PEG 40 hydrogenated castor oil : peut contenir des dangereuses impuretés comme l’arsenic- Di- et/ou tri-methicone : ces cires ou huiles de silicones ne présentent pas un risque direct pour la santé, mais leur bio-dégradabilité minime provoque un impact sur l’environnement

Les lingettes pas inoffensives

L’utilisation des lingettes sur la peau de bébé peut induire une surexposition aux risques. Les lingettes utilisées pour nettoyer les bébés cumulent les facteurs de risque : elles sont appliquées plusieurs fois par jour sur une peau de bébé souvent irritée. Pire, l’absence de rinçage après application a pour effet de prolonger le temps de pénétration. Enfin, les substances contenues risquent d’être d’autant plus nocives que certaines d’entre elles, suspectées d’être des perturbateurs endocriniens, pourraient agir aux stades précoces du développement de l’enfant.

Les résultats des tests effectués par l’UFC-Que Choisir en France sont d’autant plus alarmants que, dans la jungle des produits en rayon, les parents ne peuvent se fier aux mentions et accroches faussement rassurantes. 60 millions de consommateurs l’ont aussi confirmé ce mois-ci. Il faut croire qu’avec l’énorme succès que connaissent les couches, les bébés sont plus frappés par des démangeaisons et autres rougeurs, d’où la panoplie de laits de toilette et de lingette, aussi connus sous son appellation anglaise ‘wipes’. Toutefois, ce qui est plus inquiétant, un examen minutieux des emballages de ces produits confirment, pour la plupart, la présence de produits à base de paraben et de phenoxythanol, un conservateur reconnu pour des effets toxiques pour le foie et suspectés pour le système reproducteur et le développement.

En effet, six de la dizaine de marques de lingettes que nous avons trouvées sur le marché, contiennent du phenoxyethanol. Deux marques contiennent des dérivés du paraben, soit du methylparaben, du butylparaben.
En l’absence de tests appropriés, il est difficile de déterminer le taux de ces substances perturbateurs endocriniens voire cancérigène dans les produits relevés.

De plus, il faut décrier un étiquetage faussement rassurant. Les parents ne peuvent se fier aux mentions et accroches faussement rassurantes. Ainsi, les mentions du type « hypoallergénique » ou « Testé sous contrôle dermatologique » dont s’affublent certaines lingettes sont mal venues. Au vu de tels faits, les parents feraient mieux de réfléchir à deux fois avant de recourir à ces facilités cosmétiques plutôt qu’à la solution la plus sûre : à l’eau et la savonnette.

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