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Cyclone et confinement : OAK pour construire un jardin durable, productif et bio

Initié par la startup mauricienne Organic Tropical Agriculture (OTA), le projet Organic Agriculture Kit (OAK) coûte dans les Rs 1 723 020. Retenu comme l’un des six projets les plus représentatifs de l’appel à proposition Special Call for Proposals : Fast-Track innovative projects to counter the impacts of COVID-19, ce projet sera financé à la hauteur de Rs 842 550 par le Mauritius Research and Innovation Council (MRIC). Faisons le point avec Sandra Fon Sing, la Project Leader de OAK.

Sandra Fon Sing

« OAK est une initiative porteuse et unique à Maurice. Le MRIC ne s’y est pas trompé en apportant un soutien financier et une reconnaissance forte au projet. Le kit proposé aux ménages par OTA comprendra une ou plusieurs serres de toit-terrasse résistantes aux vents cycloniques, plus un micro-composteur très efficace à très faible encombrement, du compost d’amorçage, des semences reproductibles et un mode d’emploi agro écologique en ligne », indique d’emblée Sandra Fon Sing, la Project leader du OAK. Elle explique que pour monter ce projet, OTA s’est associé à deux autres compagnies locales. Ce sont JUA Group et Dogzy. À savoir que JUA Group est une autre startup mauricienne qui développe, fabrique et vend des biotechnologies, ainsi que des technologies propres, voire des digesteurs méthaniques couplés à des silos de compostage.

Pour sa part, Dogzy est une entreprise qui accueille et prend soin de nos compagnons canins. Elle est frappée de plein fouet par la Covid-19 à cause de la fermeture des frontières. Sa propriétaire, Yasmin Bahemia, une adepte de la micro agriculture organique, s’est investie dans le développement du portage opérationnel et commercial du projet OAK. Elle s’apprête à accueillir sur le site de Dogzy à La Marie, les premiers kits opérationnels, indique Sandra Fon Sing.

Cette dernière, également ingénieure et co-fondatrice coordonnant le projet pour OTA, elle rappelle que le principe est de donner aux ménages bloqués en confinement chez eux, la possibilité de produire en toute autonomie les légumes de qualité. Ils peuvent cultiver avec du compost produit par leurs propres soins, ce qui va largement contribuer à nourrir la famille au quotidien. « De plus, les serres ont été conçues pour pouvoir être installées sur le toit des maisons qui sont souvent inutilisées. Ce qui permet aux ménages ne disposant pas d’espace pour aménager un jardin d’avoir un potager », renchérit-elle.

Jean-Luc Sallustro

Pour sa part, l’ingénieur et co-fondateur Jean-Luc Sallustro qui gère lui, les développements technologiques pour JUA, indique que l’équipe de R&D a accordé un soin particulier dans le design des équipements, notamment pour apporter de la durabilité, de la robustesse et de la facilité dans leur utilisation. « La serre en forme de dôme géodésique couverte en film translucide et en filet anti-insecte de presque 4 m² est résistante aux vents les plus violents. Avec trois niveaux de broyage et de décompactage, le micro-composteur avec un ventilateur et une pompe d’humectage alimenté par un panneau solaire est actionné à l’aide d’un simple levier à cliquet et peut traiter chaque jour jusqu’à 1.5 litres de déchets de cuisine et de table qu’il broie et mélange avec les déchets verts du jardin ou de la serre, » explique-t-il.

Quant à Yasmin Bahemia de Dogzy, elle souligne pour sa part que rien n’est laissé au hasard puisque le compost et les semences biologiques non hybrides fournis dans le kit, permettent de démarrer des cultures et de récolter non seulement des légumes et fruits organiques en abondance, mais aussi des semences fertiles avec un mode d’emploi en ligne qui met à la portée de chacun les principes de l’agroécologie.

Au final, OAK construit un jardin durable, très productif et bio qui va traverser cyclones et confinements, précise Sandra Fon Sing. Celle-ci fait aussi remarquer que le concept de ce projet est aussi une fabrication locale. « C’est ce qui donne au final un produit ‘Designed & Made in Moris’. L’assemblage est simple à réaliser chez soi avec un guide de montage. Une approche collaborative est prévue avec l’ouverture d’échanges sur les réseaux sociaux entre des adeptes de la culture organique sous serre en toit-terrasse pour échanger des méthodes, des semences et des récoltes, » indique-t-elle.

Yasmin Bahemia

À noter également que les initiateurs du projet ont aussi voulu promouvoir l’économie circulaire en donnant la possibilité aux ménages de composter leurs déchets organiques. OAK va ainsi alléger considérablement la gestion des déchets des ménages en soustrayant de nos poubelles la partie putrescible et humide. Ce qui représente plus de la moitié du poids et une part majoritaire de la nuisance environnementale de nos poubelles. Outil polyvalent et innovant, OAK, une fois installé, devrait durer longtemps, voire plus de dix ans sans nécessiter de remplacements lourds. Le budget par ménage est celui d’un investissement durable, soutient Sandra Fon Sing.

Elle ajoute qu’OTA envisage donc de proposer aux banques mauriciennes et au gouvernement la mise en place d’un système de subventions et de prêts afin de mettre le kit à la portée des ménages les moins aisés. « Les premières ventes, par souscription, devraient débuter dans trois mois et des visites seront organisées sur le site de DOGZI », indique la Project Leader de OAK. À l’heure où nous publions ces lignes, nous apprenons de Sandra Fon Sing que JUA et OTA sont pleinement et bénévolement impliqués avec des groupes privés majeurs à Maurice dans la conception et la mise en œuvre de biopiles pour traiter biologiquement les déchets solides issus du traitement de la pollution par hydrocarbure lourd qui affecte nos côtes.

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