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Hormones sexuelles : des chercheurs établissent le lien entre nutrition et reproduction

Qu’est-ce qui assure une bonne reproduction ? « J’ai bien une petite idée sur la question ! », répondront certains avec l’air d’être sur le point de raconter une blague de Jean-Marie Bigard.

Mais sur le plan scientifique, une association de plusieurs facteurs, qui remonte aux premiers vertébrés, expliquerait la combinaison gagnante de la reproduction : le rôle déterminant de la nutrition sur les hormones et leurs récepteurs associés. Une découverte mise au jour par l’équipe du Pr Vincent Laudet de l’Institut de génomique fonctionnelle de Lyon (ENS de Lyon/CNRS/Université Claude Bernard Lyon 1), associée à plusieurs équipes françaises, et publiée dans la revue scientifique de référence Science Advances.

« Une clé, une serrure »

Qu’il s’agisse de l’« homme ou des animaux, tous les vertébrés utilisent des molécules similaires, les stéroïdes, comme hormones sexuelles femelles (œstrogènes, progestérone) ou mâles (androgènes).

Une hormone, c’est une molécule produite par une glande et qui, grâce à un récepteur précis, va exercer une action qui lui est propre. En clair : » imaginez que l’hormone, c’est la clé, et que le récepteur c’est la serrure, expose Vincent Laudet, qui a mené l’étude.

« Jusqu’à présent, on savait peu de chose de l’histoire avec un grand H de ces hormones », poursuit-il. Pour en remonter le fil, l’équipe de chercheurs s’est concentrée sur le couple que forment chaque hormone sexuelle et son récepteur associé. « Auparavant, la recherche ne portait que sur les récepteurs, partant du principe que l’hormone, elle, n’évoluait pas, explique Vincent Laudet.

Ç’a été tout l’objet de notre recherche : retracer l’évolution des hormones sexuelles ». Des travaux qui ont « permis de reconstruire l’histoire des hormones sexuelles depuis les premiers vertébrés », il y a 500 millions d’années.

Au cours de ses recherches, l’équipe a démontré que « nos hormones sexuelles sont issues du métabolisme du cholestérol, indique le Pr Laudet. Or, le cholestérol est le fruit de notre alimentation. Certains aimeraient s’en débarrasser, mais on ne peut pas vivre sans lui.

Si on ne se nourrit pas, on ne produit pas de cholestérol, donc pas d’hormones : on n’a donc pas la capacité de se reproduire », schématise le chercheur, qui illustre ainsi lien très clair entre la nutrition et la reproduction.

« C’est très logique, le corps privé d’un apport suffisant en énergie ne peut assurer une reproduction de son espèce, une activité particulièrement énergivore, raisonne Vincent Laudet.

C’est valable pour pas moins de 60.000 espèces de vertébrés :  les animaux mais aussi les êtres humains : une femme qui ne mange pas va finir par ne plus avoir ses règles, et ne pourra pas, dans ce contexte particulier, avoir des enfants ».

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